La Russie réprimande le Japon dans le contexte des tensions autour des îles Kouriles
La Russie a officiellement protesté auprès du Japon suite aux déclarations de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, en réaction à la récente visite du président Vladimir Poutine sur les îles Kouriles. Cette visite controversée dans ces territoires disputés a encore accentué les tensions entre les deux nations, le Japon ayant convoqué l'ambassadeur russe en guise de représailles. La Première ministre Takaichi a qualifié la visite de Poutine de "grave" et "absolument inacceptable", réaffirmant les revendications historiques et juridiques du Japon sur ces îles, connues au Japon sous le nom de Territoires du Nord.
Le différend concernant les îles Kouriles constitue depuis longtemps une source de tension, empêchant la signature d'un traité de paix entre la Russie et le Japon depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La prise de contrôle des îles par l'Union soviétique en 1945 et l'expulsion subséquente des habitants japonais restent des points de discorde. Les frictions géopolitiques actuelles sont exacerbées par l'alignement du Japon avec les nations du G7 dans l'imposition de sanctions contre la Russie pour ses actions en Ukraine.
Dans ce climat tendu, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a critiqué la position du Japon, accusant Tokyo d'adopter une "ligne militariste" et mettant en garde contre tout soutien accru à l'Ukraine. Les analystes estiment que la visite de Poutine constitue un message stratégique visant à dissuader le Japon de renforcer sa collaboration en matière de défense avec les alliés occidentaux, notamment en ce qui concerne des mécanismes de soutien militaire tels que la fourniture de missiles Patriot.