Sheikh Hasina, ancienne dirigeante du Bangladesh, s'exprime aujourd'hui : à quoi s'attendre
Deux ans après les événements tumultueux de l'été 2024, marqués par une révolte de la jeunesse contre le système de quotas dans la fonction publique qui a dégénéré en violence, Sheikh Hasina, âgée de 78 ans, doit s'exprimer aujourd'hui par vidéoconférence lors d'un événement organisé par le Club des correspondants étrangers d'Asie du Sud. Elle sera accompagnée de son fils, Sajeeb Wazed Joy, ainsi que d'autres figures du parti Awami League, dont l'ancien ministre de l'Éducation, Mohibul Hasan Chowdhury Nowfel. Le Bangladesh continue de demander l'extradition de Hasina depuis l'Inde, après sa condamnation à mort par contumace l'année dernière pour avoir ordonné de tirer sur les manifestants. New Delhi, qui a permis à Hasina de rester sur son territoire et a résisté aux tentatives d'extradition vers le Bangladesh, a nié toute implication dans l'organisation de ce discours virtuel, affirmant que l'événement est le fait d'une organisation médiatique privée. Mardi, les autorités bangladaises ont interdit aux médias locaux de diffuser son discours. L'assistant de Hasina, Abu Obaidha Arin, a vivement critiqué cette décision, affirmant que les "efforts de Dhaka pour étouffer la dissidence ne peuvent pas faire taire les voix au-delà des frontières du pays".
Pourquoi Sheikh Hasina vit-elle en exil ? Depuis août 2024, Hasina réside en exil volontaire à New Delhi, après que des manifestations étudiantes ont renversé son gouvernement de la Ligue Awami. Un gouvernement intérimaire a pris le relais après sa fuite, avant que des élections ne soient organisées plus tôt cette année. Elle est accusée d'avoir ordonné une répression brutale contre les manifestants, allant jusqu'à demander aux forces de l'ordre de "tirer sur eux", ce qui lui a valu une condamnation à mort par contumace en 2025 pour crimes contre l'humanité, un verdict qu'elle qualifie de "juridiquement nul". On estime que 1 400 personnes ont perdu la vie lors de cette répression, et plus de 20 000 ont été blessées. Le gouvernement intérimaire du Bangladesh a réclamé la peine de mort en lien avec ces événements, ainsi que pour 1 500 cas de disparitions forcées durant les 17 années de son règne, selon une enquête officielle. Nombre de ces détenus étaient des rivaux politiques issus du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) et de la Jamaat-e-Islami.