Échanges de frappes entre les États-Unis et l'Iran après des attaques de pétroliers dans le détroit d'Ormuz
La tension est montée d'un cran dans le Golfe, marquant la confrontation la plus intense entre les États-Unis et l'Iran depuis leur accord intérimaire de juin dernier. Le Commandement central des États-Unis (Centcom) a annoncé mardi avoir mené des frappes "puissantes" en réponse aux attaques contre trois pétroliers dans le détroit d'Ormuz, ciblant plus de 80 sites, dont des systèmes de défense aérienne, des radars côtiers et des vedettes rapides. Mercredi, l'Iran a riposté en visant des sites militaires américains à Bahreïn et au Koweït.
Les prix du pétrole ont réagi à ces tensions, le baril de Brent augmentant de plus de 3 % pour atteindre 76 dollars. Lors du sommet de l'OTAN à Ankara, le chef de l'alliance, Mark Rutte, a qualifié les frappes américaines contre l'Iran de "totalement nécessaires".
Rutte a souligné que l'Iran "violait essentiellement le cessez-le-feu" en attaquant les navires, et a affirmé qu'une réaction énergique des États-Unis était cruciale. Par ailleurs, Washington a révoqué la suspension temporaire des sanctions sur les ventes de pétrole iranien, ce qui a suscité la colère de Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, qui a accusé les États-Unis de violer leur protocole d'accord sur cette question.
Les frappes américaines ont touché l'île de Qeshm, Bandar Abbas et Sirik, selon les médias d'État iraniens, où des civils ont été blessés par des éclats d'obus. L'Iran a riposté en lançant des missiles et des drones sur "85 installations militaires américaines clés" dans les deux pays, y compris un quartier général de la marine américaine et une base aérienne au Koweït, a déclaré le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC).
Les médias iraniens ont rapporté la première victime des frappes, IRNA annonçant que "le gardien Mohammadreza Khazini a été tué en affrontant des drones ennemis, touché par des éclats d'un projectile". Le Koweït a également réagi aux frappes iraniennes, dénonçant les "attaques répétées".
Les discussions pour parvenir à un accord permanent sont suspendues, alors que les funérailles de l'Ayatollah Ali Khamenei, décédé lors des premières frappes américano-israéliennes sur l'Iran, se déroulent. Les cérémonies ont lieu en Irak ce mercredi, avec les derniers rites et l'inhumation prévus à Mashhad, dans le nord-est de l'Iran, jeudi.
Il reste incertain quand les pourparlers reprendront après cette nouvelle série de frappes.