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Après les inondations, la faim : le second désastre du Mozambique

· 7 AOÛT 2026 · 00:40 UTC
After the floods, hunger: Mozambique’s second disaster

La terre qui nourrissait autrefois la famille de Pinto est désormais un rappel douloureux de ce qui a été perdu. Son bétail a disparu, et les jardins qui assuraient nourriture et sécurité ont été engloutis par les eaux. Mais pour Pinto, âgé de 50 ans, le cauchemar ne s'est pas arrêté au retrait des eaux. Résidant à Xa-Xai, dans la province de Gaza au sud du Mozambique, il a survécu aux inondations pour affronter une nouvelle épreuve : la faim. « Soit nous mourons à cause des inondations, soit, si nous survivons, c'est la faim qui nous emporte », confie-t-il à Al Jazeera. Les inondations qui ont frappé le Mozambique de la fin décembre 2025 au début de 2026 ont laissé des communautés comme celle de Pinto face à une seconde crise : trouver les moyens d'acheter de la nourriture après avoir perdu la capacité de la produire. « Les inondations ont détruit nos puits, nos canalisations, notre bétail et nos jardins », explique Pinto. « Le prix des denrées de base a augmenté de manière vertigineuse. »

Le Mozambique se remet encore de l'une des saisons d'inondations les plus dévastatrices de ces dernières années. Cette catastrophe a touché plusieurs provinces centrales et méridionales, notamment Gaza, Maputo, Inhambane, Sofala et Zambézie. Pour les familles agricoles, la destruction a été immédiate. Les champs ont été submergés, les récoltes perdues, et les routes reliant les fermes aux marchés ont été endommagées.

Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), environ 275 405 hectares de terres agricoles ont été affectés, menaçant les moyens de subsistance d'environ 314 783 agriculteurs. Dans le Mozambique rural, l'agriculture n'est pas seulement une source de revenus, c'est aussi un filet de sécurité pour les ménages. Avant les inondations, le jardin de Pinto réduisait sa dépendance aux magasins et aux commerçants. Il fournissait de la nourriture à sa famille et les protégeait des hausses soudaines de prix. Aujourd'hui, les jardins de son quartier sont vides, et les familles qui comptaient sur leurs propres récoltes doivent se tourner vers des marchés où les prix ont grimpé. Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a averti que les inondations ont perturbé l'accès à la nourriture dans de nombreuses zones touchées. Les routes sont devenues impraticables, les marchés ont cessé de fonctionner dans certaines communautés, et les coûts de transport ont augmenté. Dans les endroits où les routes ont été coupées par les eaux, la nourriture ne pouvait pas facilement atteindre ceux qui en avaient besoin. Parallèlement, la production locale a chuté en raison des terres agricoles endommagées.

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