Soudan : Hemedti, chef des RSF, condamné à mort en pleine guerre civile
Dans le contexte de la guerre civile qui perdure au Soudan, un tribunal de Port-Soudan, ville sous contrôle de l'armée, a condamné à mort Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, chef des Forces de soutien rapide (RSF), pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide liés aux opérations au Darfour occidental. En plus de Hemedti, 15 hauts responsables des RSF ont également été condamnés à la peine capitale. Ces décisions judiciaires s'inscrivent dans le cadre du conflit persistant entre les RSF et l'armée soudanaise depuis 2023.
Les RSF, organisation paramilitaire, sont impliquées dans une lutte violente contre l'armée soudanaise, affectant principalement la capitale, Khartoum, et s'étendant à des régions comme le Darfour. Les tensions ont été principalement alimentées par des désaccords concernant l'intégration des RSF dans l'armée nationale, compliquant ainsi le retour du Soudan à un gouvernement civil. Au Darfour, les RSF sont accusées de graves violations des droits de l'homme, y compris des attaques ciblées ethniquement contre des communautés non-arabes, notamment le groupe Massalit.
Le verdict contre Hemedti intervient alors que l'Alliance fondatrice du Soudan, incluant les RSF, s'oppose à la décision du tribunal. Hemedti a été jugé par contumace et sa localisation reste inconnue. Ce jugement survient dans un contexte humanitaire désastreux, avec des millions de personnes déplacées à travers le pays en raison des troubles persistants. La situation demeure instable, les forces gouvernementales cherchant à consolider leur contrôle sur les zones stratégiques précédemment tenues par les RSF.