Les travailleurs de la santé au Yémen s'efforcent de contenir la dernière flambée de dengue mortelle
Au Yémen, les professionnels de la santé redoublent d'efforts pour endiguer la récente flambée de dengue, une maladie virale transmise par les moustiques. À chaque fois qu'ils repèrent une flaque d'eau stagnante, ils s'arrêtent pour l'inspecter minutieusement. Équipés de louches et de récipients pour échantillons, ils traquent les sites de reproduction des moustiques dans un contexte où la dengue sévit particulièrement à Makalla, l'une des zones les plus touchées du pays. Cette infection peut provoquer des fièvres, des maux de tête, des douleurs corporelles, des nausées et, dans les cas graves, entraîner la mort.
Bin Shabz s'agenouille près d'une chambre de drainage ouverte où une flaque d'eau stagnante, issue d'un climatiseur domestique, a viré au vert après plusieurs semaines. Il plonge une louche dans l'eau et verse le contenu dans un plateau métallique peu profond. En quelques secondes, de minuscules larves commencent à se tortiller à la surface. "Ce sont des larves de moustiques", explique bin Shabz, un agent de surveillance des insectes au bureau provincial du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP).
"Ce type est l'Anopheles, qui transmet le paludisme, tandis que l'autre est l'Aedes, le moustique qui propage la dengue. Nous collectons les larves, les plaçons dans des récipients et les identifions avant de prendre les mesures de contrôle nécessaires." Cette découverte confirme les craintes de l'équipe : Al-Koud est redevenu un foyer de reproduction pour les moustiques vecteurs de la dengue et du paludisme, malgré les campagnes répétées pour contrôler la propagation de ces insectes.
"Nous avons mené des campagnes de lutte contre les moustiques dans cette zone il y a deux mois, combinant sensibilisation du public, pulvérisation d'insecticides et efforts pour éliminer les sites de reproduction", déclare bin Shabz. "Maintenant, nous sommes revenus et avons constaté que beaucoup de ces sites de reproduction existent toujours." Après avoir vidé la chambre, l'équipe s'enfonce plus profondément dans le quartier. Quelques minutes plus tard, ils s'arrêtent devant une autre maison où un réservoir d'eau non couvert est installé près de l'entrée. Bin Shabz plonge une louche à long manche dans le réservoir et transfère un autre échantillon dans un plateau métallique.
"Le réservoir est infesté de larves de paludisme et de dengue," confirme bin Shabz. Il demande à un groupe d'enfants curieux d'aller chercher le propriétaire pour lui expliquer les dangers.