Débat autour de la proposition de mettre fin à la collecte de données raciales et de genre par l'EEOC
La Commission pour l'égalité des chances en matière d'emploi (EEOC) a avancé une proposition controversée visant à mettre fin à l'obligation, en vigueur depuis des décennies, pour les employeurs de déclarer les données démographiques raciales et de genre de leur personnel. Cette décision, adoptée par un vote de 2 contre 1 dominé par une majorité républicaine, marque un tournant majeur dans la politique réglementaire. Elle sera soumise à une période de consultation publique de 30 jours avant un verdict final. Une audience publique est prévue pour le 11 août.
Les rapports EEO-1 concernés, utilisés depuis plus de 60 ans, constituent un outil essentiel pour le gouvernement fédéral afin de surveiller les tendances de l'emploi et de détecter les discriminations systémiques. Couvrant 73 000 employeurs et environ 50 millions de travailleurs, l'EEOC justifie l'arrêt de cette initiative en invoquant son coût financier pour les employeurs, estimé à 275 millions de dollars, jugé disproportionné par rapport à son impact de 4 millions de dollars sur l'agence elle-même.
Cette proposition soulève des questions fondamentales sur l'interprétation et l'application du Titre VII de la Loi sur les droits civils, qui interdit la discrimination fondée sur la race, la couleur, le sexe, la religion ou l'origine nationale. La présidente de l'EEOC, Andrea Lucas, soutient que l'initiative entre en conflit avec le mandat de neutralité raciale de la loi et pourrait entraver l'efficacité de son application. Le mouvement a suscité des critiques de ceux qui affirment que la responsabilité pourrait être compromise sans la collecte de données démographiques. Les conséquences prévues de cette proposition pourraient profondément remodeler l'application de la lutte contre la discrimination à l'emploi aux États-Unis.