Israël utilise la loi pour détruire l'éducation palestinienne à Jérusalem-Est
Le mardi, Zvi Sukkot, président de la Commission de l'éducation de la Knesset et membre du parti d'extrême droite Sioniste religieux, a effectué une "visite surprise" dans une école palestinienne de Jérusalem-Est, sa deuxième en deux semaines. Son objectif n'était pas d'évaluer la pédagogie ou les conditions des salles de classe, mais de détruire le panneau d'entrée de l'école arborant un drapeau palestinien et de promettre publiquement sa fermeture. Ce geste symbolise une campagne d'État plus large visant l'éducation palestinienne dans Jérusalem-Est, territoire illégalement occupé et annexé. Sukkot utilise son poste pour surveiller physiquement les écoles palestiniennes, s'inscrivant dans une campagne législative agressive de la Knesset pour démanteler l'éducation palestinienne dans cette région.
En janvier 2026, une loi interdisant aux diplômés des universités palestiniennes de Cisjordanie d'enseigner en Israël et à Jérusalem-Est a été adoptée. Cette législation repose sur une idéologie raciste et des affirmations extrémistes selon lesquelles ces diplômés seraient intrinsèquement dangereux et moralement inaptes à enseigner. Les motivations des partisans de cette loi ont été explicitées lors des délibérations à la Knesset : promouvoir ce que plusieurs députés ont qualifié d'"israélisation" du système éducatif et des élèves, même au détriment de l'accès à l'éducation. Lors d'une session de la Commission de l'éducation en mai 2025, un député du Likoud a affirmé que cette loi était nécessaire car les enseignants diplômés des universités palestiniennes "ne cultivent pas l'israélisation" chez leurs élèves.
Malgré les conséquences dévastatrices qu'elle entraînera sur le système éducatif palestinien déjà fragile et défavorisé de Jérusalem-Est, la loi a été adoptée. Ce système dépend largement des diplômés des universités de Cisjordanie, majoritairement des femmes, et souffre déjà d'une grave pénurie de personnel enseignant et de salles de classe. Une autre loi, adoptée en novembre 2024 et communément appelée "Loi du Silence", confère au ministère israélien de l'Éducation le pouvoir discrétionnaire de suspendre ou de licencier des enseignants par un processus administratif accéléré. Elle cible les discours que le ministère considère comme "incitation au terrorisme", selon des clauses ambiguës et arbitraires de la loi israélienne sur le contre-terrorisme, devenues un mécanisme fourre-tout pour criminaliser la parole palestinienne. Cette loi de 2024 permet également au ministère de retirer des financements aux écoles sur ces mêmes bases.