L'Iran redéfinit les règles à Hormuz, le Golfe réplique
Cette semaine, lors d'un dîner au 44ème étage du Waldorf Astoria à Doha, le calme régnait. Aucun missile ne troublait le ciel, aucune alerte ne venait interrompre les conversations. La circulation se déroulait sans encombre et les lumières de la ville scintillaient. Voici à quoi ressemble désormais la normalité à Doha, au Qatar, malgré une réduction des exportations énergétiques, des attaques iraniennes et une guerre qui modifie la manière dont les gouvernements du Golfe assurent leur défense.
Après plus de cinq mois de conflit, le rythme militaire a ralenti. La question centrale est désormais de savoir qui dicte les règles dans le Golfe.
Vendredi, un responsable américain a déclaré que l'Iran et Oman pourraient bientôt conclure un accord pour rouvrir le détroit d'Hormuz. Washington a annoncé qu'il lèverait son blocus des ports iraniens une fois que la navigation commerciale reprendrait sans entraves. Moins de 24 heures plus tard, le Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran a rejeté la version de Washington. Selon son porte-parole, la réouverture d'Hormuz dépend de l'acceptation par les États-Unis des conditions iraniennes, et non d'un accord avec Oman.
Oman a réduit le différend à une route à travers Hormuz, sans pour autant régler la question du contrôle des eaux territoriales.
Washington souhaite que les navires commerciaux puissent emprunter une voie maritime internationale sans autorisation ni péages iraniens. Téhéran, de son côté, veut un règlement qui préserve l'avantage acquis en limitant le passage. Les négociateurs se sont mis d'accord sur les coordonnées d'une route à travers Hormuz, mais l'Iran cherche toujours à contrôler le trafic entrant et à imposer des frais de transit, ce que Washington refuse.
Le succès de l'accord dépend également des entreprises maritimes. Les propriétaires de navires ont besoin de garanties que leurs vaisseaux ne seront ni attaqués, ni retenus, ni bloqués dans les eaux territoriales. Les assureurs doivent pouvoir offrir une couverture. L'exigence iranienne de paiements de transit pose un autre problème : les personnes et entreprises américaines ne peuvent pas payer l'Iran pour un passage sécurisé sans enfreindre les sanctions américaines. Certaines polices d'assurance contre les risques de guerre peuvent également cesser de couvrir les navires qui paient certains frais de transit à Hormuz. Si un navire refuse de payer Téhéran, il peut être en danger. S'il paie, son propriétaire peut rencontrer des problèmes avec son assureur ou Washington.
Les diplomates peuvent rouvrir Hormuz sur le papier, mais ce sont les capitaines qui doivent le rouvrir en mer.
L'Iran ne peut rivaliser militairement avec les États-Unis, mais il a appris à transférer les coûts du conflit sur d'autres. Une restriction à Hormuz affecte un contrat d'assurance à Londres, un achat de gaz naturel liquéfié (GNL) au Qatar.