Moyen-Orient & Afrique
« Creuser avec une aiguille » : Les généraux retardent la paix alors qu'el-Obeid brûle au Soudan
Khartoum, Soudan – Alors que les attaques de drones s'abattent sur el-Obeid et que les Forces de soutien rapide (RSF) renforcent leur siège de plusieurs mois, la capitale du Kordofan du Nord est devenue le dernier point chaud dans la guerre d'usure du Soudan. Malgré une inquiétude internationale croissante et une pression diplomatique renouvelée des États-Unis visant à obtenir une trêve nationale, les généraux belligérants du Soudan restent profondément enracinés. Tant les Forces armées soudanaises (SAF) que les RSF semblent engagées dans une quête de victoire militaire totale, largement soutenue par un flux continu d'armes étrangères. À travers le prisme de la crise croissante à el-Obeid, une réalité sombre se dessine : la souffrance des civils est de plus en plus instrumentalisée au milieu de récits nationaux polarisés, tandis que les manœuvres géopolitiques retardent à plusieurs reprises toute voie viable vers la paix.
Un enjeu stratégique et une alarme internationale El-Obeid revêt une immense valeur stratégique. Située à 550 km au sud-ouest de Khartoum, elle sert de principale porte d'entrée reliant Khartoum à la vaste région du Darfour. La ville est également un bastion militaire majeur, abritant la 5e division d'infanterie des SAF, connue sous le nom de « Al-Hagana », et est devenue un refuge pour des centaines de milliers de civils déplacés fuyant la violence ailleurs. La menace imminente d'une invasion terrestre à grande échelle a déclenché des avertissements mondiaux urgents. Récemment, 38 organisations non gouvernementales internationales, aux côtés de l'ONU et de pays comme le Qatar, ont tiré la sonnette d'alarme sur l'utilisation croissante des drones et le potentiel d'atrocités de masse, avertissant qu'el-Obeid pourrait subir la même dévastation que celle récemment observée à el-Fasher. Pourtant, ces avertissements n'ont pas modifié le calcul sur le terrain.
Récits polarisés d'une paix au point mort Les récents efforts diplomatiques des États-Unis, dirigés par Massad Boulos, conseiller du président américain Donald Trump, ont poussé à un cessez-le-feu global. Cependant, la poussée pour la paix s'est heurtée à une polarisation domestique absolue. Le commandant des SAF, Abdel Fattah al-Burhan, a fermement rejeté les trêves inconditionnelles, déclarant que l'armée opérera avec la précision de « creuser avec une aiguille » jusqu'à ce que les RSF soient entièrement démantelées. Cette impasse reflète un paysage politique profondément fracturé. Fathi Abu Ammar, un universitaire soudanais, a déclaré à Al Jazeera que les SAF sont principalement responsables de la souffrance prolongée en obstruant les initiatives de paix et en refusant d'établir des corridors sûrs pour que les civils puissent quitter el-Obeid. Il a accusé l'armée d'utiliser les habitants de la ville comme « boucliers humains » pour susciter la sympathie internationale, tout en affirmant que les RSF se battent pour aborder la légitimité.
SourceAl Jazeera English
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